beatrice darnal
  Sous le masque du quotidien, les agencements en diptyque de béatrice darnal révèlent d’imaginaires événements par la rencontre, le hasard; ils dessinent des désirs inconscients ou avoués. A les examiner on a la sensation d’observer de l’autre côté d’un miroir des faits d’une inquiétante étrangeté.

Stephen Albert

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UNE ILE

Qu’est ce qu’une île ? En juin, les années impaires je me rends sur une île lagunaire, toujours la même. Mon île impaire est plate, longue de 2 900 mètres, large de 300 mètres, tranchée par cinq canaux. C’est un banc de sable. On y est dans l’eau, dans le ciel, dans la brique. On la nommait Spina Lunga, aujourd’hui Giudecca. Au 19 et 20ème siècles, elle fut lieu de ports, de chantiers navals, de fabriques, d’habitat populaire. Des cafés, des clubs sportifs et politiques. Des jardins et des terrains vagues. Une prison pour femmes, quelques églises. J’y erre. Régulièrement. Lentement. Longuement. Silencieusement.

giudecca